Dimanche 24 décembre 2006
A l'heure où les jeux vidéo et les consoles représentent pas moins de 31% des cadeaux faits pour noël, et que le sénat a eu l'idée lumineuse de refuser le projet d'aide à ce secteur, le monde des consoles est en effervescence, la nouvelle génération de machines est arrivée, la hache de guerre est déterrée! Le marché des constructeurs se limite aujourd'hui à trois entreprises: MicroSoft, Sony et Nintendo qui se disputent les parts de marché, mais pour comprendre la situation actuelle, il faut remonter assez loin, au début des années 1990....
Au début de cette décennie, il n'est pas question de 3D, d'intelligence artificielle super poussée, de support de stockage du futur ou de jeux à émotion. Cependant, la guerre fait rage, deux constructeurs sont au coude à coude: Nintendo et SEGA avec comme consoles respectivement la Super Nes pour le premier et la MegaDrive pour le second. Biensûr, il y a d'autres consoles qui ont leur mot à dire mais on peut résumer la situation à ce duel.
Versus
La SNES, plus puissante,Nintendo plus populaire contre la machine de SEGA, plus orientée arcade et "hardcore gaming". A cette époque, Nintendo domine légèrement, et un nouveau support révolutionnaire commence à pointer le bout de son nez dans le domaine du multimédia: le Compact Disc, le CD en clair. Il a l'avantage de permettre de stocker une quantité extremement importante de données, d'une qualité qui plus est exceptionnelle.
SEGA est alors à son apogée, la MegaDrive qui sera le plus gros succès de la firme marquera également assez curieusement le début de ses déboires. En effet, soucieux d'être à la pointe de la technologie et de ne pas perdre la face contre Nintendo, SEGA décide de lancer en 1992 une extension à sa console, pour lui permettre de lire des jeux sur ce support prometteur qu'est le CD: il s'agit du Mega-CD.
Nintendo, de son côté réagit en entamant un partenariat avec Sony, l'une des entreprises génitrice du CD pour lancer également une extension sous forme de lecteur CD ROM pour la Super Nintendo; nom de code de ce projet: Nintendo Play Station. Un projet qui restera au stade de projet pour plusieurs raisons. D'abord, les relations entre Sony et Nintendo se dégradent progressivement, Sony voulant un trop grand contrôle sur les jeux sortants sur le support, Nintendo décide d'aller voir chez Philips qui maitrise aussi bien le support CD, dans le dos de Sony trop contraignant.
Sony, légitimement vexé lâche Nintendo dans ce partenariat et décide de construire sa propre console seul, comme pour punir Nintendo. L'extension CD pour SuperNintendo sera complètement abandonnée, et de son côté, le Mega-CD de SEGA sera finalement un échec complet.
En 1993, Nintendo se lance alors dans un projet d'uene nouvelle console de salon, et commence à rechercher la technologie nécessaire du côté des Etats-Unis et de la florissante Silicon-Valley. Sony procède aux premières démonstrations techniques de sa future machine, le résultat est impressionant, la console gèrera la 3D et s'annonce surpuissante ! Il se dit aussi que la prochaine machine de Nintendo serait encore plus puissante, nom de code de la console: Project Reality !!
Chez SEGA, pas encore de nouvelle machine à l'horizon, mais une nouvelle extension pour la vieillissante MegaDrive: le 32-X, qui soit disant doublait la puissance de la console et la faisait passer de 16 à 32 bits, nouvel échec de SEGA.
Chez SEGA, on ne se décourage pas pour autant, une nouvelle console est malgré tout annoncée: la Saturn, niveau puissance, elle correspond en fait plus ou moins à une MegaDrice couplée au fameux 32-X, avec un lecteur CD pour les jeux.
Cependant la console parait bien faible niveau puissance par rapport à la future Playstation de Sony, les dirigeants de l'époque de SEGA demandent alors des modifications de dernière minute pour que la console tienne la route par rapport à la concurrence.
La Saturn sort alors tant bien que mal fin 1994 au Japon, une semaine avant la Playstation. Le départ est plutôt bon, la console se vendant presque aussi bien que sa rivale plus puissante.
En 1995, la Playstation et la Saturn sortent dans le reste du monde, cependant la Playstation dispose de jeux en 3D impressionant et coute moins cher que la Saturn. La Saturn est rapidement laminée par la Playstation, Sony profitant en plus d'un marketing plus que discutable autour de la Saturn qui ne trouve pas son public, alors que la Playstation surpuissante se veux plus adulte, comme l'arcade à domicile, une partie du public SEGA friand d'arcade se tourne donc vers Sony et sa Playstation! Nintendo est absent des débats et communique assez peu sur ses projets.
La Saturn ne résiste à la vague Playstation qu'au Japon, où pourtant SEGA n'avait jusque là jamais vraiment cartonné, la Saturn tient tête et beaucoup de jeux ne sortent que dans ce pays. Ailleurs, c'est la débâcle, malgré une baisse de prix importante, la Saturn n'y arrive pas. La console est en fait plus douée pour la 3D que pour la 2D, SEGA voulant exploiter à fond les deux dimensions avant de passer à trois, la 3D est donc plus difficile à faire que sur Playstation, de nombreux jeux 3D sortants sur les deux consoles se révélant beaucoup plus convaincant sur la machine de Sony. Seuls les jeux développés en interne par SEGA exploitent correctement la puissance de la machine.
La Saturn est très vite délaissée, au Japon elle finira aussi par abdiquer avec la sortie en exclusivité sur Playstation de Final Fantasy VII en 1997 qui sortira aussi dans le reste du monde, faisant découvrir le genre du jeu de rôle japonais au public occidental. Ca sera un coup dur pour SEGA, qui abandonnera quasimment sa console fin 1997. Beaucoup de gamers se sentiront alors un peu abandonnés par SEGA; la Saturn restera cependant culte au Japon, où de superbes jeux sont sortis dessus, certains s'arrachant aujourd'hui aux alentours de 1 500 € (!)
De son côté, Nintendo a sorti sa Nintendo 64, en 1996 soit avec tout de même 2 ans de retard sur Sony et SEGA ! De ce fait, la console n'est plus aussi révolutionnaire qu'annoncé. Elle est biensûr plus puissante que les autres mais a le gros ( l'énorme) désavantage d'avoir ses jeux sur cartouche, alors que la mode est au CD plus performant. La console n'est pas non plus très belle et sa manette assez bizarre:
Le départ est poussif au Japon, la console dispose de peu de jeux et souffre de la concurrence de la Saturn et de la PS (PlayStation) déjà bien implantées. Dans le reste du monde le départ est plutôt bon, le jeu Super Mario 64, premier jeu de plateforme tout en 3D est impressionant.
Cependant la console en plus des défauts énoncés souffre d'un manque de jeux, les nouveautés étant beaucoup plus nombreuses sur PS. Le dévellopement des jeux sur N64 est difficile, contraignant et coûte cher, les dévellopeurs préfèrent travailler avec Sony. SquareSoft, qui faisait ses Final Fantasy sur consoles Nintendo passe chez Sony, notamment grâce au support CD qui permet d'inclure des "cut-scenes" en images de synthèse dans les jeux. Le coup est rude pour Nintendo qui perd son leadership au Japon et dans le monde.
La N64 ayant une image de console pour gamins, avec une manette bizarre. Un statut quelque peu injuste vu que la console proposera sa dose de jeux dits "matures" avec la série des Turok, Goldeneye, Perfect Dark introduisant le genre des doom-like ou FPS sur consoles alors que ce genre était exclusif aux ordinateurs. Ceci grâce à la manette de la console, parfaitement adaptée à la 3D ( bien plus que le pad PS ) et qui reste certainement un des meilleur pad jamais conçu pour le jeu 3D, révolutionnaire à l'époque car proposant pour la première fois un joystick analogique ou des vibrations qui renforcent l'immersion ( deux caractéristiques que Sony reprendra pour un nouveau pad Playstation).
Finalement, Sony vendra environ 100 millions de Playstation contre "seulement" une trentaine de millions de N64 et environ 8 millions de Saturn. La suite au prochain épisode ;) .
Par superframboisier
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Publié dans : jeux vidéo
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